Conférence. « Charles De Gaulle c’est aussi autre chose »

Alain Kerhervé propose une conférence, plus historique que politique, le 8 juin, à l’Espace Benoîte-Groult.

 Le 8 juin, Alain Kerhervé invite à une conférence sur un sujet qui lui est cher : la pensée et l’oeuvre sociale de Charles De Gaulle. Une facette de l’homme politique explorée dans un livre de l’élu quimperlois qui vient d’être réédité : « Une révolution en héritage ».

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Le 7 juin 1959, Charles De Gaulle, dernier président du conseil de la IVe République, signe un dernier arrêté, celui qui consacre la participation des salariés aux bénéfices de l’entreprise. Ensuite, ce sera la Ve République et d’autres mesures sociales.

De Gaulle, c’est bien sûr la guerre, la Résistance. « Mais c’est aussi autre chose. Le gaullisme est un tout, et on ne peut parler de gaullisme sans évoquer l’approche sociale. Quand il perd le référendum de 69, Charles De Gaulle avait prévu une loi créant une plus grande possibilité de partage des bénéfices entre les entreprises et les salariés. Ceux-ci auraient pu devenir des actionnaires complets. Certains en parlent aujourd’hui encore. C’est cela une révolution en héritage ».

Si les choses ne sont pas allées au bout, c’est que Charles De Gaulle s’est heurté à un fort contre-pouvoir conservateur, Georges Pompidou ou Valéry Giscard d’Estaing sont de ceux-là. Ils s’opposent aux René Capitant ou Louis Vallon qui défendent le courant progressiste du RPF créé en 1947.

Cette idée de l’association du capital et du travail est l’un des piliers de la politique sociale du général. Une pensée déjà installée alors même que se déroule la guerre, puis lors du Conseil national de la résistance, qu’il a initié, et qui ouvre entre autres la voie aux syndicats, à la sécurité sociale, à la retraite par répartition. Un programme qui se veut basé sur « une véritable démocratie économique et sociale ». Et qui inspire les mesures du gouvernement provisoire qui suivra.

« Révolution sociale »

Après la « traversée du désert », le « plus illustre des Français » revient au pouvoir en 1957 avec de nombreux défis : la guerre d’Algérie, la mise en place d’une nouvelle constitution ou encore le redressement économique du pays, « mais il n’oublie pas le social et signe cette ordonnance de juin 1959 en faveur des salariés. C’est une révolution sociale qu’il veut prolonger par la suite ».

L’émancipation de la femme y trouve par exemple sa place avec, en 65, la possibilité pour elles d’ouvrir un compte bancaire, des droits sur le patrimoine familial ou encore la loi Neuwirth de 1967 autorisant l’usage de la pilule contraceptive.

Autre point essentiel développé par Alain Kerhervé, le plan, « un instrument essentiel que je décline également au niveau des grandes entreprises. À la vision politique s’ajoute une vision pratique qui est la planification ».

L’un des atouts de l’ouvrage proposé par Alain Kerhervé, c’est de permettre de « Mieux comprendre la valeur du legs » du général De Gaulle, indique dans la préface Michel Anfrol, ancien journaliste de la Radio-télévision française (RTF), par ailleurs président des Amis de la Fondation Charles De Gaulle.

Cette politique sociale reste « Une œuvre inachevée qu’il appartient aux jeunes de prendre en main » conclut Alain Kerhervé qui, s’il ne souhaite pas faire de cette conférence une tribune politique, ne cache pas pour autant ses convictions.


Pratique

« La politique sociale de Charles De Gaulle », conférence par Alain Kerhervé le 8 juin à 20 h, salle Ellé, à l’Espace Benoîte-Groult, à Quimperlé. Entrée libre. Séance de dédicace. « Une révolution en héritage », éditions Regain de lecture. 380 pages. 20 €.


Le Télégramme, jeudi 17 mai 2018


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