Rencontre Quimperlé communauté et 3R

Ouest-France du 19 mai 2018

Conférence. « Charles De Gaulle c’est aussi autre chose »

Alain Kerhervé propose une conférence, plus historique que politique, le 8 juin, à l’Espace Benoîte-Groult.

 Le 8 juin, Alain Kerhervé invite à une conférence sur un sujet qui lui est cher : la pensée et l’oeuvre sociale de Charles De Gaulle. Une facette de l’homme politique explorée dans un livre de l’élu quimperlois qui vient d’être réédité : « Une révolution en héritage ».

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Le 7 juin 1959, Charles De Gaulle, dernier président du conseil de la IVe République, signe un dernier arrêté, celui qui consacre la participation des salariés aux bénéfices de l’entreprise. Ensuite, ce sera la Ve République et d’autres mesures sociales.

De Gaulle, c’est bien sûr la guerre, la Résistance. « Mais c’est aussi autre chose. Le gaullisme est un tout, et on ne peut parler de gaullisme sans évoquer l’approche sociale. Quand il perd le référendum de 69, Charles De Gaulle avait prévu une loi créant une plus grande possibilité de partage des bénéfices entre les entreprises et les salariés. Ceux-ci auraient pu devenir des actionnaires complets. Certains en parlent aujourd’hui encore. C’est cela une révolution en héritage ».

Si les choses ne sont pas allées au bout, c’est que Charles De Gaulle s’est heurté à un fort contre-pouvoir conservateur, Georges Pompidou ou Valéry Giscard d’Estaing sont de ceux-là. Ils s’opposent aux René Capitant ou Louis Vallon qui défendent le courant progressiste du RPF créé en 1947.

Cette idée de l’association du capital et du travail est l’un des piliers de la politique sociale du général. Une pensée déjà installée alors même que se déroule la guerre, puis lors du Conseil national de la résistance, qu’il a initié, et qui ouvre entre autres la voie aux syndicats, à la sécurité sociale, à la retraite par répartition. Un programme qui se veut basé sur « une véritable démocratie économique et sociale ». Et qui inspire les mesures du gouvernement provisoire qui suivra.

« Révolution sociale »

Après la « traversée du désert », le « plus illustre des Français » revient au pouvoir en 1957 avec de nombreux défis : la guerre d’Algérie, la mise en place d’une nouvelle constitution ou encore le redressement économique du pays, « mais il n’oublie pas le social et signe cette ordonnance de juin 1959 en faveur des salariés. C’est une révolution sociale qu’il veut prolonger par la suite ».

L’émancipation de la femme y trouve par exemple sa place avec, en 65, la possibilité pour elles d’ouvrir un compte bancaire, des droits sur le patrimoine familial ou encore la loi Neuwirth de 1967 autorisant l’usage de la pilule contraceptive.

Autre point essentiel développé par Alain Kerhervé, le plan, « un instrument essentiel que je décline également au niveau des grandes entreprises. À la vision politique s’ajoute une vision pratique qui est la planification ».

L’un des atouts de l’ouvrage proposé par Alain Kerhervé, c’est de permettre de « Mieux comprendre la valeur du legs » du général De Gaulle, indique dans la préface Michel Anfrol, ancien journaliste de la Radio-télévision française (RTF), par ailleurs président des Amis de la Fondation Charles De Gaulle.

Cette politique sociale reste « Une œuvre inachevée qu’il appartient aux jeunes de prendre en main » conclut Alain Kerhervé qui, s’il ne souhaite pas faire de cette conférence une tribune politique, ne cache pas pour autant ses convictions.


Pratique

« La politique sociale de Charles De Gaulle », conférence par Alain Kerhervé le 8 juin à 20 h, salle Ellé, à l’Espace Benoîte-Groult, à Quimperlé. Entrée libre. Séance de dédicace. « Une révolution en héritage », éditions Regain de lecture. 380 pages. 20 €.


Le Télégramme, jeudi 17 mai 2018


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Le gaullisme, l’engagement d’Alain Kerhervé

« Le gaullisme, l’engagement d’Alain Kerhervé », tel est le titre de l’article de Béatrice GRIESINGER publié dans l’édition du Ouest-France de ce jour.  Je vous le livre dans sa globalité

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Le général Charles de Gaulle est le guide de son parcours politique. Alain Kerhervé proposera une conférence, à l’espace Benoîte-Groult, à Quimperlé (Finistère) le 8 juin, à 20 h. Sur la base de son livre : Une révolution en héritage.

Alain Kerhervé, quand avez-vous « croisé » le général Charles de Gaulle pour la première fois dans votre vie ?

En mai 1958. La famille Kerhervé tenait le restaurant Madeleine, au Bourgneuf. C’était le resto de ma grand-mère, une maîtresse femme. Elle tenait la caisse et à côté, il y avait un grand poste de radio.

Toujours allumé pour la musique. À cette époque, j’ai 10 ans. Et puis, je remarque qu’il n’y a plus de musique. Ma grand-mère écoutait le journal.

Un jour, je la vois avec un grand sourire : « Ça y est. Il revient. Il nous a sauvés une deuxième fois ! » Elle parlait du général de Gaulle. Je raconte cette anecdote dans mon premier livre.

Quand avez-vous adhéré aux jeunes gaullistes de l’Union des jeunes pour le progrès ?

C’était à partir de 1967. J’ai alors 19 ans. Nous n’avions pas le droit de vote à cet âge. J’adhère à l’UJP par pur militantisme. Et à partir de là, tout commence.

Cela fait 51 ans que je milite pour les idées de Charles de Gaulle. Cette histoire est écrite dans mon premier livre, De Gaulle, ma boussole, Quimperlé, ma passion. En 1968, je pars à l’armée et j’y passe seize mois. Je ne regrette rien.

J’étais prêt à m’engager, mais j’avais déjà ma place à la RATP. Je suis très attaché au service militaire et à ce que ça représente. Voilà comment est né mon militantisme. Je revendique le terme de militant. Comme bien d’autres, j’ai essuyé beaucoup de larmes au décès du général.

Votre gaullisme est profond ?

Je suis allé plusieurs fois à Colombey-les-Deux-Eglises (Haute-Marne, où se trouve la tombe du général de Gaulle, NDLR).

« Lors de ma dernière visite, j’ai été au Mémorial et à La Boisserie (ancienne résidence personnelle du général de Gaulle). Quand je suis arrivé devant le bureau du général, ça m’a fait un drôle de coup. Mon livre, Une révolution en héritage, est vendu au Mémorial.

Mais je ne suis pas fétichiste. Mon gaullisme est plus profond que cela.

Vous parcourez la France pour votre conférence qui se base sur votre deuxième livre, Une révolution en héritage.

Ce livre en est à sa deuxième édition. Elle est plus complète que la première car j’ai ajouté un grand chapitre sur la condition de la femme et la politique familiale.

J’ai fait plusieurs conférences : deux à la fondation Charles-de Gaulle à Paris, une à l’Assemblée nationale, à Nancy, à Montauban, à La Rochelle. J’ai participé à plusieurs salons du livre, à Cosnes-sur-Loire par exemple. Bientôt, ce sera Quimperlé et peut-être après Nantes.

Je continuerai. Je n’abandonnerai pas, tant que ma tête tient. Tous mes engagements politiques sont cadrés par de Gaulle. Même si on évolue, on a toujours besoin d’un cadre. Le mien, c’est lui.

Comment est né votre livre Une révolution en héritage ?

Au départ, c’est une dame qui m’a appelé de La Rochelle. Elle est dans un groupe de gaullistes qui organise une conférence une fois par an.

Elle m’a appelé une deuxième fois pour me donner le thème : le social. En travaillant sur cette conférence, je me suis aperçu que cela débouchait sur quelque chose d’important.

J’ai construit le livre avant la conférence. C’était un travail d’un an. Ce n’est pas une liste des mesures sociales. Celles-ci sont expliquées dans le contexte.

J’ai rencontré des proches du général, comme Michel Anfrol, qui était secrétaire général des jeunes du RPF, Pierre Lefranc, résistant et co-fondateur de la future fondation Charles-de Gaulle, Jacques Dauer, un gaulliste de gauche…

Le gaullisme est né quand de Gaulle est mort. La conférence est basée sur ce livre et ouvre le débat.


Vendredi 8 juin, à 20 h, espace Benoîte-Groult, salle Ellé. Gratuit. Une révolution en héritage, 382 pages, éditions Regain lecture, 20 €.

Alain Kerhervé est aussi le fondateur et propriétaire du site gaullisme.fr qui compte plus de 10 000 articles. | Ouest-France


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