Une histoire épineuse à l’eau de rose

Je vais vous narrer, en quelques mots et chiffres, l’histoire contemporaine de l’eau (celle du robinet !) en Pays de Quimperlé.

Acte 1 : une proposition alléchante !

Cette courte histoire de vie que je vous invite à méditer commence en 2013. Michaël Quernez, alors élu d’opposition, mais aujourd’hui maire socialiste de la ville-centre [la couleur politique n’est pas un élément majeur de cette histoire, mais c’est lui-même qui le clame sans cesse ! « La municipalité de Quimperlé est de gauche ». Dont acte].

En 2013, il préconise pour toutes les familles quimperloises une baisse du prix de l’eau : 1 au lieu de 1,14 HT le M3 (tarif en vigueur jusqu’en fin 2021). Et pour illustrer sa revendication, il prend l’exemple d’une famille de 4 personnes consommant 220M3 par an. Famille que je nomme Martin pour la suite de cette histoire. Michaël Quernez fait son calcul : – 30€ pour l’année qui, pour lui, se résume en « une vraie mesure de justice sociale qui toucherait tous les contribuables ».

Acte 2 : la décision politique que le maire approuve

En 2018, la compétence « eau et assainissement » passe à l’intercommunalité et ils décident (L’intercommunalité « de gauche », dixit Sébastien Miossec, et avec l’accord de la municipalité Quernez, malgré l’opposition d’élus Quimperlois) d’augmenter pour les seuls Quimperlois les factures eau et assainissement à compter de cette année.

Reprenons le cas de la famille Martin avec une consommation identique. Sa facture s’alourdira progressivement, chaque année, pour aboutir en 2029 à 498(au lieu de 292 en 2021), soit une augmentation de 70,50% … laquelle comportera également une augmentation de 47,56% de l’assainissement collectif (+138).


Ainsi l’équation QUERNEZ de 2013 : moins 30€  sur la facture eau, pour lui une mesure sociale

se transforme maintenant en une nouvelle équation

plus 206€ devient pour les familles quimperloises une mesure anti-sociale


Et le président Sébastien Miossec s’en réjouit honteusement : « Tant mieux si les Quimperlois ont payé moins cher pendant des années. En 2029, ils paieront juste comme tout le monde ».

Que la réalité s’avère difficile à digérer !

L’hypocrisie au zénith

À la suite du communiqué [Ouest-France et Télégramme du 27 décembre 2021] concernant ma position sur l’augmentation du prix de l’eau et de l’assainissement pour les seules familles quimperloises, quelques lecteurs laissent entendre, dans leurs messages, que ma position est identique à celle d’Alain Pennec.
Ces remarques appellent de ma part un rectificatif implacable et irréfutable basé sur la réalité et non sur la « fiction municipale » dont s’abreuve abondamment l’ancien maire.

Dans un premier temps, il convient de rappeler que c’est depuis la campagne municipale de 2014 que j’ai soulevé ce problème et attiré l’attention des Quimperlois sur l’augmentation prévue du prix de l’eau et de l’assainissement découlant du futur transfert de la compétence « eau et assainissement » à l’intercommunalité (Application de la loi NOTReLoi portant nouvelle organisation territoriale de la République – 2015 – cadeau du Président Hollande)

Point d’écho, ni soutien d’Alain Pennec


Ce transfert de compétence « eau et assainissement » a fait l’objet de nombreux échanges en Conseil municipal, avec un riche débat contradictoire au sein de cette assemblée le 31 octobre 2018. D’un côté Michaël Quernez et sa majorité, soutenu ardemment par le député-conseiller municipal Erwan Balanant*, de l’autre 4 élus déterminés à mener bataille pour les familles quimperloises (Soazig Cordroc’h, Marc Duhamel, Serge Nilly et moi-même). Nous avons demandé à Alain Pennec de nous soutenir lors d’une rencontre qui s’est tenue au « Brizeux » en présence de Marc Duhamel. Le maire sortant n’a pas voulu, ni même souhaité appuyer notre position.

* Et le député de rappeler que le prix moyen du m3 d’eau est de 2,03 € en France. « Nous serons à 1,57, donc largement en dessous ». Les Quimperlois doivent donc payer plus, sans cesse davantage.


Les journaux ont fait un large écho à l’occasion de ce Conseil municipal. (voir ci-après)

Ouest-France 2 novembre 2018

À ce Conseil municipal, je précise : « Je suis contre ces nouveaux tarifs. Pourquoi les seuls Quimperlois paieraient plus cher ? Je suis élu pour défendre les intérêts des Quimperlois ». C’était le 31 octobre 2018. Ces mots, je ne les regrette pas.

Le Télégramme 2 novembre 2018

Côte à côte le temps d’une présentation, Michaël Quernez (assis à gauche), et alain Kerhervé, chef de l’opposition, se sont longuement affrontés sur la question de la hausse des tarifs de l’eau sur les dix prochaines années

Point d’écho, ni soutien d’Alain Pennec


En 2020, l’ancien maire ose, enfin, critiquer les orientations de l’intercommunalité qui prévoit les augmentations futures de l’eau et de l’assainissement, augmentations décalées dans le temps, campagne municipale 2020 oblige !

C’est le soldat en uniforme rutilant qui arrive après la bataille.
Et en plus il veut une médaille.


Pour mémoire :
Ci-après la page Facebook de notre liste « Quimperlé d’abord » du 12 mars 2020, avec une certaine dose d’humour dans la conclusion !


Longtemps cantonné dans une douce, mais incompréhensible expectative, Alain Pennec aurait donc fait son « Chemin de Damas«  entre octobre 2018 et décembre 2021 sur l’augmentation du prix de l’eau et de l’assainissement ? Je n’ose y croire. Foutaise, leurre, illusion.


Tarifs de l’eau à Quimperlé : la polémique continue

Pas de trêve des confiseurs sur le sujet des tarifs de l’eau. Après la mise au point de Quimperlé communauté, répondant aux critiques d’Alain Pennec et de Marc Duhamel, l’élu quimperlois Alain Kerhervé apporte de l’eau au moulin de la contestation. « Depuis 2014, je combats ce projet d’augmentation du prix de l’eau et de l’assainissement pour les seuls Quimperlois. C’est une politique antisociale qu’il est nécessaire de dénoncer, d’autant plus qu’elle va s’accompagner d’autres mesures aussi néfastes en 2022, qui sera une année de perte du pouvoir d’achat pour les actifs comme pour les retraités », dénonce le conseiller municipal dans un communiqué.

« Perte du pouvoir d’achat »

« Augmentation pour les seuls Quimperlois du prix de l’eau et de l’assainissement collectif de 8 à 12 € par an, et ce pendant les 7 prochaines années, pour une consommation d’une famille moyenne ; revalorisation de la taxe foncière des propriétaires de 3 % ; augmentation de la taxe de ramassage des ordures ménagères d’un pourcentage identique ; fin de l’exonération sur les deux premières années de la taxe foncière sur les nouvelles constructions, comme c’était le cas auparavant. Cette perte de pouvoir d’achat d’origine locale devient de plus en plus insupportable dans la mesure où elle s’aggrave d’une inflation forte sur les produits et services de première nécessité : alimentation, carburants, énergie… » énumère-t-il.

Le Télégramme – Quimperlé

Voir aussi le Ouest-France de ce 27 décembre 2021